"Owi des blogs, encore, ENCORE"

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par Leks
le 11 octobre 2011

Cumpilations #2

Second volet de la naissante série Cumpilations qui vous présente des compilations, mixées ou non, d’artistes ou de labels qui nécessitent d’y jeter au moins une oreille, si ce n’est les deux.

Début 2011 c’est la team Ed Banger et sa Let the children techno qui a « un peu » monopolisé l’actualité pour un résultat somme toute assez décevant avec des gros noms mais un manque global de cohérence. De ce mois de février, on retiendra plutôt la compilation Super Acid parue sur Boys Noize Records qui comme son nom l’indique se pose comme une ode au courant acid.

Sur ce disque on retrouve forcément une belle brochette d’artistes estampillées BNR avec Boys Noize (bah oui), Jan Driver, Housemeister, Shadow Dancer, Djedjotronic ou Strip Steve et quelques invités de marques comme Brodinski, Siriusmo ou encore Feadz. C’est donc une déferlante de TB-303 qui t’attend tout au long des 13 titres dont on retiendra surtout les suivants si seulement il fallait choisir :

SpotifyDeezerGrooveshark

A écouter aussi le second volet de Miami Noize toujours sur BNR.


La compile c’est aussi un peu la carte de visite d’un label, un showroom dans lequel on retrouve et découvre les nouveautés des artistes et tout simplement de nouveaux artistes. C’est le cas cette année avec Kompakt qui sort la 12ème mouture de la série Total, BPitch Control et son imprononçable Werkschau – Google Translate prononce « warkcho » – qui signifie « Exposition d’oeuvres » en allemand (toujours Google) ou encore InFiné qui n’est pas en reste avec son Remixing Infiné qui réunit pour le coup uniquement des remixes de morceaux de leurs artistes. En 2010, il nous a déjà gratifié d’un Introducing InFiné qui pose les bases de la philosophie du label « Easy music for the hard to please« , un disque incontournable pour pénétrer son univers (musical). On parle de la compile ici.

Pour le plaisir, un petit trip germanique le temps de quelques tracks :

A l’instar du fameux « best-of », la compilation peut aussi être rétrospective. Un moyen pour un label (ou un artiste) de faire un point sur sa petite vie et se constituer un album photo souvenir.

Dans notre cas aujourd’hui :

- Soma, légendaire label qui a sorti les premiers disques des Daft, avec Soma Coma 5ème du nom, une compilation essentiellement ambient, atmosphérique, mélodique… parfois mélancolique même. Jugez en par cette preview de 17 minutes qui résume bien tout l’esprit de la compilation avec les félicitations du jury à The Black Dog, Decimal et au superbe morceau de Gene Farris, Smoke session pause. Un disque qui ne révèlera son potentiel que dans des conditions d’écoutes particulières, à vous de les trouver, chacun voit midi frapper à sa porte hin.

En écoute sur Spotify ou Deezer.

Mais la grosse sortie du label c’est la compilation Soma 20 pour les 20 ans du label qui – vous vous en doutez – entreprend de résumer 20 ans de Soma. Difficile mais le label tente tout de même l’aventure au travers d’une triple compilation contenant un CD de « Soma Record classics » qui sera ouvert par ce fameux unreleased Daft Punk – Drive, un second CD de remixes mixé par Slam et enfin un troisième CD mixé par Silicone Soul. Le 1er CD contient son lot de gros classiques qui accusent pour certains le 20 ans d’âge sans l’ombre d’une ride. Ce genre de morceau un peu apocalyptique de fin de set… qu’est ce que c’est bon ! Parmi eux retenons Right On, Right On de Silicone Soul, Desert Storm par… Desert Storm (malin), et l’Eterna de SLAM qui porte bien son nom. Et puis bon, on ne résistera pas à se mettre le petit Drive dans les écoutilles, c’est un peu sale, un peu dur, c’est du Daft Punk ‘95 !

- Turbo Recording, le label de Tiga qui a fêté récemment sa 100ème sortie (remarquable pour un label de musiques électroniques) et qui a décidé de sortir Turbo Century sous la forme de 4 compilations regroupant 69 titres des 100 releases parues entre mai 2001 et mars 2011. 100 releases, 10 ans et ça ne fait que débuter on l’espère. Le tracklisting des quatre CDs témoigne de l’impressionnant travail réalisé par le label en 10 ans, n’hésitant pas à signer des artistes techno, electro, house, deep house quand la majorité des – plus petits – labels sont souvent spécialisés dans un style particulier, la force de Turbo peut être.

Trop difficile de ne sélectionner que quelques morceaux, alors tout se passera sur Spotify : I, II, III, IV.

Le meilleur pour la fin du côté de l’exercice périlleux des compilations mixées !

Du côté de Balance, difficile de passer après la performance de Agoria pour le numéro 016. Après Timo Maas fin 2010, c’est la balance de Nick Warren sortie en avril dernier qui nous intéresse. Toujours sur un format double CD soit un peu plus de 2h, le mix est fluide et progressif sans gros kicks ravageurs ou breaks imprévisibles. Warren fait le boulot, pas de grosse surprise ni d’hallucination auditive mais un résultat cohérent ; une longue promenade deep et progressive où l’on ne rechigne pas à se laisser porter jusqu’au dernier beat.

A découvrir ici.

Retour jusqu’à Londres avec les séries Fabric et Fabriclive du club londonien du même nom sortent elles aussi à un rythme serein et soutenu (en alternance chaque mois soit 6 de chaque par an). En avril dernier c’est Agoria – toujours lui – qui y allait de son Fabric 57.

Après Cute & Cult en 2005, At The Controls en 2007 et Balance 016 en 2010, Agoria signe pour Fabric sa 4ème compilation mixée officielle. Une nouvelle fois, il réussit à produire un mix qui s’écoute, se réécoute et se rééécoute puis se range précieusement sur l’étagère des disques que l’on prend plaisir à sortir de leur écrin dès qu’on ne sait trop quoi écouter… (ça arrive, vive les playlists !).

De coutume dans cet acte, la mise en abîme est smooth, le beat est là, dès la première minute. Agoria nous installe confortablement dans son mix avant de prendre son rythme de croisière dès la seconde piste. Il déroule la deep house, classe et élégante, un peu de InFiné entre les coups – histoire de -, jusqu’au prochain stop pit avec une double ration de son tubesque Speechless (le groove de ce track est diabolique et le mix avec Somebody Else’s idea est un grand moment du disque). On se retrouve là au zénith du mix et on se demande si à la manière de Balance Agoria va nous faire redescendre tout doucement jusqu’au point de départ ou en remettre une couche. Seconde option retenue, il va même accélérer le mouvement avec l’acid de Cottam une première fois, la bassline de malade de Mark E avant de balancer à nouveau Cottam au détour d’un track acid aux longues nappes orgasmiques… leçon de djing en 3 pistes. La « descente » s’opère avec José James et Carl Craig avant un fabric 57 puppets en guise de medley rétrospectif de l’heure de mix que l’on vient d’apprécier avec un ultime petit plaisir sur Night and day de Ella Fitzgerald… sublime.

Un mix complexe et maitrisé qu’il convient d’écouter plusieurs fois avant de se l’approprier complètement et d’en devenir complètement addict tant Agoria arrive à être tantôt très direct, tantôt très subtil avec faisant doucement courir des samples sur plusieurs tracks, les faisant ressortir toujours au moment opportun. Masterpiece !

Pas de stream online mais une petite recherche Google ou quelques euros feront l’affaire.

En juin dernier, c’est Craig Richards qui signait un numéro 58 un peu spécial puisqu’étant DJ résident, producteur du club et l’auteur du premier opus en 2001. La 59 vient tout juste de sortir avec Jamie Jones aux commandes et pour la 60 nous aurons le droit à Dave Clarke. Du côté de Fabriclive c’est assez excitant aussi puisque le volet 59 de Four Tet vient tout juste de sortir et que le 60 a été confié à Brodinski, hell yeah !

Outre Rhin, Lawrence a livré Timeless, un mix intemporel (d’où le nom me direz vous) pour Cocoon Recordings. C’est Superpitcher qui m’a amené à Lawrence au détour de son très bon remix de Along the wire et à l’instar de celui-ci, Timeless est étonnamment la seule compilation mixée officielle de Lawrence à ce jour. Un mix à 3 vitesses qui prend des allures dancefloor à partir de l’arrivée – un peu sèche – de Another Track (RVDS ) vers 23′ jusqu’à la longue descente jubilatoire avec The Realm (Robert Hood ), Brian Le Bon (Roman Flügel) et enfin OI (Plaid).

Jonglant entre deep house lancinante et detroit techno des plus percutantes, Lawrence n’hésite pas à inscrire près de 16 ans entre son morceau d’ouverture Floating (2011) et Forever Monna (1995) comme pour mieux ancrer dans le temps un de ces disques qui s’écoutent régulièrement sans perdre de leur magie. Sur le papier, ce Timeless revient à prêcher un converti avec des noms comme Isolée, Robert Hood ou Aril Brikha mais l’ensemble est si bien exécuté qu’on jouerait bien les missionnaires pour aller porter ce mix à toutes les oreilles, même les plus néophytes.

Même combat que pour le Fabric d’Agoria, un peu de Google ou un peu de votre bourse, et un petit teaser ici.

Pour terminer cette sélection avec classe, douceur et non sans une légère pointe de mélancolie, j’ai choisi le dernier Live At Robert Johnson mixé par Dixon. Dernier au sens littéral puisqu’il n’y aura pas de numéro 9 pour cette série qui aura vu passer Chloé, Ivan Smagghe ou encore Roman Fluggel alors que dans le même temps Dixon a annoncé que LARJ Vol.8 serait sa dernière compilation mixée sur CD. Signer un numéro d’une série avec une telle notoriété ne doit pas être chose aisée et ce même quand on s’appelle Dixon, souvent décrit comme l’un des meilleurs DJ deep house ici bas. Célèbre pour ses edits de précision et résident du club depuis son ouverture,  Dixon était tout désigné pour clore cette série.

Ces fameux edits se retrouvent au nombre de 4 sur la compile, tous stratégiquement placés et signe du perfectionnisme de Dixon qui en retouchant même légèrement ces morceaux conserve une totale maîtrise de son mix et peut alors nous emmener exactement là où il le souhaite en construisant lentement, sûrement, faisant doucement monter la pression. Il faut savoir être patient avec Dixon. On débute avec une session sans l’ombre d’un kick de 5 morceaux, sorte d’anti-chambre préparatoire afin de laver notre cerveau des impuretés sonores pré-écoute. Tout ça dans le but d’accueillir sereinement le premier kick du mix avec Agoria, à cet instant le signal est envoyé, prise d’altitude immédiate vers les hautes sphères de la deep music. Le premier climax est atteint dans son edit tout en finesse de Mark E (Call Me) avant que Roman Flugel et Bruno Gauthier ne prépare le terrain au groove mental incandescent provoqué par son edit du remix de Envision par Ame (tout ça) dont la descente finale sur Snooze 4 Love de Todd Terje ne permet d’en sortir ni indemne ni entièrement rassasié…

Ce LARJ Vol.8 est une petite friandise, douce et sucrée qui fait passer l’amertume de la fin cette élégante série, un double chant du cygne en somme. Un mix à écouter plusieurs fois pour bien appréhender tout le savoir faire d’orfèvre qu’a déployé Dixon.

Snippets de la compile dispo sur le Soundcloud de LARJ ou à l’achat ici.

Plus qu’à se rendre chez votre sound provider préféré pour récupérer les – environs – 14 heures de son qui vous attendent, de quoi tenir jusqu’à la prochaine fournée.

Crédit photo : Copyright Benoit Paille.
Les sons téléchargeables le sont pour une durée limitée.

Les réactions (5)

  1. par Douglas
    le 21 octobre 2011
    à 19 h 12 min

    Joli boulot de sélection et de présentation, qui a dû demander du temps! Merci et félicitations…  

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  2. par Leks
    le 22 octobre 2011
    à 16 h 17 min

    @Douglas: Merci Douglas ça fait plaisir, effectivement c’était long, les prochaines seront moins fournies et plus fréquentes !  

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  3. par ekishi
    le 13 novembre 2011
    à 14 h 02 min

    sweeeeeet ! merci beaucoup  

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  4. par Sushi
    le 7 mars 2012
    à 0 h 38 min

    juste un avis, le petit lecteur jaune et pas super par ce qu’on ne peut pas avancer dans le tire en cours.

    Du coup pour voir si un titre nous plais il faut l’écouter depuis le début a la moitié !!! Pas super quoi ))

    Soundcloud c ‘est mieux.  

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  5. par Leks
    le 7 mars 2012
    à 10 h 14 min

    @Sushi: Hello ! En fait si tu peux avancer mais tu dois attendre que le son soit chargé :) Pourquoi ? Parce que ça n’est pas du vrai streaming (et sur SC c’est exactement pareil). « Soundcloud c’est mieux », j’vais te dire oui et non, oui depuis leur player HTML5 qui est un grand bon en avant mais le player classique n’est pas fou, il est lourd et tu peux facilement télécharger le morceau lu (même si ce n’est pas autorisé), avantage : il est compatible ipad / iphone, pas le notre, mais on y travaillera ;-)  

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