"Owi des blogs, encore, ENCORE"

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par Leks
le 21 juillet 2011

Festivalités 2011 : Back from DOUR

Jeudi 14 juillet 2011, matin.

Alors que la France s’abreuve d’un sang impur fait la grasse mat’ et se réjouit du week-end prolongé en vue, l’autoroute du Nord se dévoile sous mes roues, un épisode rare tant le seul intérêt de cette voie est de rejoindre la Belgique ou la Hollande. Nous voilà en direction de la délivrance « estivale » si on en croit le calendrier (et non le ciel) : DOUR. A quelques encablures de la frontière, nous arrivons sereins, chargés comme des mules et avec une sacré envie d’en découdre avec ce festival à la carte de visite qui calmerait un hyperactif sous MDMA : 4 jours, 200 groupes, 150.000 personnes attendues, une réputation sulfureuse. Bien.

Jeudi 14 juillet 2011, midi.

On sait déjà que 22.000 festivaliers ont investi le camping, on sait aussi que le temps sera très… différent du FIB par exemple. Mais bon, on sait d’avance qu’on ne regrettera pas Dour ; quitte à troquer le soleil pour la boue, tant que le minishort reste de la partie. Et il le sera, allelujah. Arrivée sur le site (après aucun barrage de képis, poke Garo) par un chemin pavé et étroit dont on sait déjà qu’il sera un cauchemar lundi matin. Périple interminable jusqu’au camping, le plus au fond bien sûr. On se met là ? Ou là ? Hey sinon là ! Attendez là bas ! Oh nan pas à côté du groupe électrogène ! Nan pas là y’a un hippie avec une gratte ! C’est pas grave on lui fera bouffer ! Bon ok là alors ! Ok. On se met luxe, petite tonnelle, à la fraiche. Temps maussade, quelques gouttes déjà, comme prévu, des prévisions qui font chier.

Jeudi 14 juillet 2011, soir/nuit.

Premier apéro, le libérateur. Rapidement car Gold Panda joue un peu avant 18h. Arrivée sur le site, enfin, presque. Retour au campement pour retrouver les 70 euros retirés juste avant et déjà perdus. Dieu Dour (né) est avec moi, ils sont là. Pour la petite histoire j’en perdrai quand même 50 le soir même, le bad karma annonciateur de week end légendaire surement.
Pouvoir voir la grande scène après la longue marche depuis le campement C provoque un effet assez euphorisant.

Direction La Petite Maison Dans La Prairie (best stage name ever nan ?) pour voir Gold Panda, premier tour de chauffe du festival, découvert avec son très bon EP Marriage il nous offre un concert assez soft, très agréable. S’en suit le tour du propriétaire qui s’impose, le site est globalement bien foutu, 6 scènes ça envoie quand même, en plus elles sont proches les unes des autres, simple d’accès. On découvre notre nouveau régime alimentaire du week-end à base de Jupiler et de frites mayo, de vrais autochtones. Détour par Foals pour quelques morceaux, un groupe bien (trop ?) encensé par la critique, bonne réputation, mais ça ne passe toujours pas pour moi, même en live. Cypress Hill en guise de headliner s’apprête à débarquer, déjà vu à RES 2010, je n’en suis pas et file découvrir Netsky sous la tente De Balzaal, la tente dédiée à la dnb, au dubstep et autres styles sauvageons. Assez novice en matière de bass music mais toujours prêt à me défouler sur un gros rythme dnb, j’en prends pour mon grade avec ce petit ! Sensations ! Sensations si on oublie le MC et les virages dubstep de temps en temps, des styles si proches mais paradoxalement si éloignés dans mon petit coeur de danseur. Merci tout de même, premier gros défouloir sur les planches de Dour. On saura un peu plus tard que Cypress Hill c’était bien mais pas top et que le son était trop bas, aucun regret donc. Le marathon de la nuit du jeudi débute, au programme : Proxy, Tiga, Boys Noize, Housemeister, DIM, Djedjotronic, Beat Torrent, Noisia, Laurent Garnier LBS (entre autres). On file direct voir Garnier et ses acolytes qui occuperont LPMDLP (La Petite Maison Dans La Prairie, je vais pas l’écrire mille fois) de 00h à 05h comme le veux désormais la tradition des Live Booth Session. Parfait, ce sera notre fil rouge de la soirée. Il débute d’ailleurs très fort, indémodable, increvable. On enchaine sur Housemeister dont le récent album est une grosse balle et qui nous la joue bien acid, se permettant même d’ouvrir la voie avec un petit Boys Noize qui comme à l’accoutumée retournera une assistance de toute façon convaincue. Passage rapide vers un Garnier toujours au top après un passage à vide dans le set de Boys Noize. On descend voir Tiga, pas très entrainant, tant mieux, DIM commence. Nettement en dessous des deux précédents de BNR, il s’en sort honorablement mais doit encore faire ses preuves. Déjà la fin de la nuit, dernière heure devant Laurent Garnier, on sacrifie Djedjotronic certes, mais ça en vaut le coup. Ce jeudi soir là et pour longtemps encore, le patron c’est lui. Acid Eiffel live, un dernier tour de DJ avec un remix incensé de Boys Noize (Jeffer je crois) jamais entendu avant (pour ma part), son remix adoré de Radiohead et un Crispy Bacon live dantesque.

Il est 5 heures et quelques, retour au campement, premiers délires, apéro, on se dit qu’on va aller rencontrer plein de gens sur le camping et finalement on s’endort comme des loques, classique.

Vendredi 15 juillet, matin.

Réveil matinal, il fait chaud et on va pas s’en plaindre.

Vendredi 15 juillet, midi.

Apéritif.

Vendredi 15 juillet, soir/nuit.

Le soleil a réveillé Dour de bonne heure, il fait bon, les minishorts éclosent sur les cuisses encore immaculées des plus jolies fleurs du Bénélux. Globalement, bonne ambiance quoi.

Début de 2ème jour devant un set décevant de Bibio, bien moins inspiré que lors de son passage au ME.002. Un peu de chill-out sous la tente de LPMDLP avec la fin de Syd Matters puis sous les arbres, petit somme en guest. Passage devant The Qemists, Pendulum like un peu too much. Je lâche la troupe pour aller voir Mogwai et leur undancable noise orgasmique. Ils joueront même Mogwai fear satan, epic track de 12 minutes, incrédible. Suite devant les Klaxons que j’arrive enfin à voir en live, le premier album s’avère toujours au dessus du dernier, même (encore plus ?) en live. Seul Echoes arrive à concurrencer. Début de Pulp, j’y vais pour l’évènement, façon badaud, pas encensé par cette pop angélique. S’en suivent la techno lancinante de Sascha Funke puis celle un peu plus fluo des Petits Pilous, qui me font louper Ellen Allien (saleté de pression sociale des potes). Vitalic investit la Last Arena devant une grosse foule. Un set bien moins dur qu’au Solidays (paradoxalement) mais qui comble le public, j’en veux pour preuve les 3 rappels qu’il a donné ce soir là (dont son excellent remix de Amadou et Mariam). Fin de nuit devant Claude Vonstroke puis Len Faki que je découvrais ce soir là, excellente surprise, de la techno mixée avec grande classe !

Retour à la tente après un vendredi moins convaincant que la veille malgré des bons sets de Vonstroke, Len Faki ou Sascha Funke et des bons concerts de Mogwai ou des Klaxons.

Samedi 16 juillet, matin.

Réveil matinal tranquille, on ne sait pas encore ce qui nous attend aujourd’hui ! Petit check de la journée d’hier, je pleure en silence sur tout ce que j’ai raté et que je voulais voir. Dure loi du festival. J’ai le cheveux gras. Loi du festivalier à la dur.

Samedi 16 juillet, midi.

Nouveau périple sans fin jusqu’au Lidl pour le breuvage, ne le faites jamais ! Ou alors très bourré. Mais attention vous y passerez surement la journée dans ce cas. Au retour, on découvre les premières tonnelles qui ont rendu l’âme – dont la nôtre, les premiers suicides de tentes 2 Secondes contre le grillage, ça s’annonce sympa. Bon, apéro, pour oublier.

Samedi 16 juillet, soir/nuit.

Il pleut, genre bien. Mes bottes me manquent mais je les trompe avec mon poncho Quechua. Le site est encore praticable, pas pour longtemps et je viens de louper Architecture in Helsinki, vie de chien mouillé. On débute par Groundachiant Tribute to Bob Marley, mouais. On me traine devant Terror sur la Cannibal Stage, je découvre le circle pit à quelques mètres de moi, bande de sauvages. Bon c’est fun quand même. On file voir Nosaj Thing et son VJ, enfin un concert digne de ce que j’attends, un voyage, chapeau. Le temps devient exécrable, on découvre la gadour. Fun mais pas hyper pratique. Je convaincs (oui j’ai dû !) la troupe d’aller devant Booka Shade, pas déçus, live hyper efficace, beaucoup plus techno que version studio. Un peu de Pennywise de loin et on se fait la fin de Erol Alkan dans le Clubcircuit Marquee. Ca devient une épreuve olympique d’aller d’une scène à une autre dans cette boue. On finit devant Dirtyphonics qu’on me vend dnb et qui – forcément – balancera du gros dubstep tout sale par moment, pour le reste cool les mecs. J’en loupe Flying Lotus ce soir là, déception. Retour au campement le moral un peu en berne avec toute cette boue, heureusement quelques tôles d’anthologie redonnent le sourire.

Dimanche 17 juillet, matin.

Déjà le dernier jour, il pleut toujours, on tente un abri de fortune avec la tonnelle cassée. Verdict : le rafistolage ça n’existe que dans les films. La fatigue a désormais atteint tous les membres de mon corps, même mes cheveux qui ne produisent même plus de gras, par flemme surement.

Dimanche 17 juillet, midi.

On décide de partir en vadrouille. On se fait quelques grillades au stand des CSC Jeunes qui ont des barbucs et des micro-ondes dans chaque camping, idée de festival du siècle.

La boue est toujours là, on regrette que l’orga n’ait pas prévu le milliard de bottes de foin pour recouvrir tout ça. Et moi je regrette toujours ma paire de bottes. Retour à la tente pour l’apéro et il est déjà l’heure d’aller voir Metronomy, pas grave on s’est déjà bien fendu la gueule.

Dimanche 17 juillet, soir/nuit.

Dernière entrée sur le site du festival, toujours aussi facile de faire passer quelques breuvages de secours dans le sac. Certains expérimentent quand même le lancer de bouteilles camping > site, avec pas mal de réussite je dois dire.

Premier concert de la journée toujours sous une pluie battante avec Metronomy, la sensation de ce printemps avec leur album The English Riviera adulé, critiqué ou détesté. Pas de grande improvisation sur scène mais un très bon concert, les morceaux des anciens albums font difficilement le poids face aux nouveaux ! Public Enemy de loin, mythique mais non, encore heureux on a évité le suicide d’ennui Aaron. Suite devant Cocorosie, à l’abri, qui se fait attendre un bon quart d’heure (mais on saluera la ponctualité de tous les concerts, rare !). Difficile de résister aux voix angéliques des deux jolies soeurs ! Je cède à la facilité avec un dernier concert devant la grande scène avec Pendulum, au moins ça réveille et leur remix de Voodoo people (qui a d’ailleurs beaucoup de place dans leur live) est toujours une grosse balle. Je refuse catégoriquement d’aller voir High Tone, dub et dubstep étant deux mots bien trop proches. Par je ne sais quel entourloupe je m’y retrouve quand même. Bof. On commence à se poser une question récurrente : la fellation, c’est un ticket Drink ou un ticket Food qu’on donne ? Avis partagés. Certains pensent que peu importe mais que c’est 2 tickets au moins, je ne suis pas d’accord. On termine Dour devant Popof, certes rien de bien nouveau mais danser dans un jacuzzi sonore l’esprit libre et vide, je dis pas non. On finit tout en serenity ce Dour 2011.

Passage salutaire à la sortie sous la grande enseigne lumineuse DOUR, ça gueule et ça entonne l’hymne du bourré « Dou-rééé, Dou-rééé… » ! On regrette un peu qu’il n’y ait pas de vrai finish du festival à la Werchter et son feu d’artifice.

Dernier retour au campement, un retour déjà empreint de nostalgie et de putain c’est déjà fini et de ouais mais j’en peux plus de cette boue de merde et de ouais mais les minishorts quoi et de ouais c’est vrai t’as raison. Demain y’a retour, là y’a pluie et épuisement, dernières lampées avec les copains et au lit.

Lundi 18 juillet, matin.

On plie les gaules en se tapant le pire périple de sa vie, celui de l’aller était déjà pourtant au top niveau. On nous fait passer par un « raccourci » qui se matérialise par un chemin d’environ 500m de long recouvert d’une boue qu’on jurerait faite main tant elle est parfaite. On soupçonne même le complot. Le spectre du départ impossible émis à l’arrivée se révèle véritable, on se cale dans la file de voiture qui n’avance pas… 10, 15, 30, 45 minutes… On repère un chemin que certains ont l’air d’emprunter, même pas indiqué mais c’est le jackpot, on sort en 5 minutes ! Gros carton rouge à l’orga pour la gestion du parking et de l’accès… pas un bénévole à l’horizon, pas top tout ça !

Lundi 18 juillet, midi.

La route s’avère longue jusqu’à Paname, on se ravitaille l’estomac qui n’a rien vu de concret en 4 jours dans un restaurant américain rapide de Cambrai, « s’il vous plait ».

Lundi 18 juillet, fin d’aprem.

Paris, je biche pas mal avec ma caisse sortie tout droit d’une spéciale de rally.
Arrivé à la maison, on déballe le paquetage et toute la déprime post-festival qui en émane. Sales, humides, affamés, un peu cons mais bien drôles, alcoolisés, drogués à la musique (ou autres, allez on le sait tous) et surtout contents d’être là.

Un petit score de 33 concerts sur 200, quelques immanquables malheureusement loupés, quelques concerts inoubliables, quelques uns assez oubliables… Le commun du gros festival ; cruel, excitant, épuisant.

Dour tient bien sa réputation. Tout dans la démesure. Ce festival a une âme… qu’il conviendrait de ne pas briser. On reviendra pour s’en assurer mec. Pour l’instant merci t’as fait le job.

Pour les photos voici 931 prises sélectionnées par Dour sur leur Flickr : http://www.flickr.com/photos/dourityourself/sets/72157627277059298/

Les réactions (6)

  1. par uu
    le 21 juillet 2011
    à 18 h 55 min

    et les photos ?!  

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  2. par Leks
    le 22 juillet 2011
    à 18 h 06 min

    @uu : on n’avait pas d’accréditation photos par contre il y en a des milliers sur l’Internet, je vais mettre les liens bientôt. :)  

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  3. par Flo
    le 31 juillet 2011
    à 15 h 10 min

    C’est limite navrant pour un type écrivant sur un blog musical d’avoir loupé plein de ‘petits’ concerts (exceptionnels pour la plupart) au détriment de bouzasse commerciales « qu’il faut trop aller voir ouais mec, Pendulum c’est la base -haha-
    Bonaparte, Sx, Tahiti 80, ça te dit quelque chose? nan parce que se bourrer c’est cool, payer 100 euros pour le faire, 500 kilomètres et tcétérat, YOUHOU, par contre, se bouger dès 14 heures à l’ouverture du site découvrir de nouveaux groupes/artistes et tout simplement profiter de la musique, c’est mieux, non?  

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  4. par Henry Prince
    le 5 août 2011
    à 16 h 46 min

    Merci pour cet article! Il faire resurgir toute la déprime post-festival. Mais t’a été un peu dur je pense. Il y avait plus de sets inoubliables qu’oubliables quand même. This Will Destroy You, FOZZY, Ghostpoet, Tokyo Ska Paradise Orchestra (et je hais le ska), Feed Me, Rusko, 16bit, Noisia, Doctor P… bon après t’a pas trop l’aire d’être à fond sur la dubstep (qui n’est pas si proche de la D&B que ca – mais j’habite à Londres alors la distinction est plus enracinée). Bref, que des bons souvenirs! Merci -H  

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  5. par Leks
    le 12 août 2011
    à 0 h 08 min

    @Flo: Mon cher Flo, sur un festival qui programme 200 groupes il faut forcément faire des concessions. Comme je l’ai dit j’ai raté beaucoup de concerts, c’est regrettable certes mais c’est aussi le jeu du festival ! Un festival ce n’est pas QUE des concerts, c’est une ambiance, des gens, des amis… Les festivals marathons chronométrés, très peu pour moi. Alors oui je connais tes petits groupes au top overrated, je les apprécies d’ailleurs et j’aurais l’occasion de les revoir plus tard, je sais ce que je fais, merci pour la leçon de morale. Pour répondre à ta question je dirais que profiter de la musique oui évidemment mais profiter tout simplement du festival dans son ensemble c’est mieux non ?  

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  6. par Leks
    le 12 août 2011
    à 0 h 22 min

    @Henry Prince: J’ai pas été si dur quand même allez ! Je ne suis vraiment pas fan de la dubstep effectivement… encore que je regrette vraiment avoir loupé Noisia ou Kode9 ! C’est la puissance de ce festival que de satisfaire autant d’amateurs de musiques dans autant de styles différents ! Seulement quand vient l’heure des comptes personne n’est jamais trop d’accord… et c’est tant mieux ainsi ;-)  

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