"Owi des blogs, encore, ENCORE"

Avatar de l'auteur

par Leks
le 4 avril 2011

Festivalités 2011 – Garorock

Marmande, Samedi 9 avril 2011, 9h35, 15°c

Ton corps a déclenché ce qui s’apparente à la sonnette d’alarme d’un réveil obligatoire avant métamorphose en raisin sec. Tu émerges légèrement pour reconnecter les quelques neurones épargnés par la veille afin d’au moins pouvoir faire fonctionner le circuit de secours. Après avoir lentement décollé ta langue de ton palais, tu constates que le taux d’humidité de ta bouche est comparable à celui d’un glaçon abandonné sur une pierre entre Dakar et Abidjan. Tu dégages nonchalamment  ton duvet (un Quechua, résistance -15°c , on sait jamais) afin d’en extirper un corps moite, fébrile et surement un peu esquinté.

Tu n’oses pas encore te retourner mais il semble trôner dans ton dos un être (encore que, rien de sûr) sensiblement du même acabit que toi. Tu pries pour une conquête tout en sachant qu’il va être relativement compliqué de 1) se souvenir de son prénom 2) ne pas l’asphyxier avec ton haleine 3) justifier l’énorme phallus qui honte ton front.

Premier soubresaut d’intelligence : ouvrir la tente. Alors que ton cerveau commence doucement à se faire pilonner de l’intérieur par ce qui s’apparente à un manque d’eau – tout le monde est très sceptique sur cette théorie – le léger souffle d’air frais s’engouffrant dans ton hammam d’une nuit prend des airs de délivrance pour ce corps frêle et malodorant qui te supporte.

Le temps d’enfiler une fripe et te voilà à l’air libre, fier d’avoir pu te hisser sur tes deux jambes ramollies malgré l’effort surhumain demandé. Lunettes, chapeau, premier tour d’horizon, ça ressemble humainement au désert de Gobi et bordellement à l’accouplement d’une décharge, d’un supermarché et d’un Décathlon. Tu distingues ci et là quelques irrésistibles qui ne sont certainement pas des militants anti-drogues… ou alors en rechute.

Second soubresaut de survie: boire. Avec les trous qui te servent de potes le choix est surement limité. Ce fond de jus d’orange frelaté bon marché un peu chaud fera l’affaire.

Troisième soubresaut du repenti : atteindre le checkpoint social, cet oasis qui se profile à quelques encablures du campement , en espérant que ça ne soit pas un mirage. Un peu de monnaie, clope au bec, tongs au iepds, chemise au vent, direction le bar du camping. Détour par les stands, vidange vésale, lingette sur la tronche et brossage de dents pour la forme ; tu croises le regard de ces jeunes festivalières en guerre contre elle même, le cheveux gras indomptable et la main lourde sur le make-up. Accessoirement tu prends le temps de contempler la scène ; cette brochette de combos bottes à fleurs/mini-shorts/bikinis emplie ton esprit de pensées malsaines à en faire vaciller le plus fervent des catholiques.

Passées ces divagations érectiles, il est grand temps d’opérer à une remise en état à base de jus de fruits pressés, caféine et viennoiseries bien que tu saches pertinnement que tout ça se terminera en houblon à foison derrière les écoutilles.

Un jeune bénévole pas bien plus en forme dépose une pile de programmes à côté de toi, tu en attrapes un – le 53ème depuis ton arrivée environ– et le feuillettes sans conviction jusqu’à croiser quelques noms familiers dont la lecture s’avère bien plus efficace que le litre de café que tu viens d’ingurgiter…

La colonne du vendredi te remémore une première nuit marmandaise bien festive avec le désormais mythique cube de Etienne de Crécy en clôture d’un premier périple rondement mené entre l’excentrisme classieux de King Charles, les mignons Bewitched Hands, le trio Nasser et nos quatre voisins belges que sont Goose (bien que crédités d’un second opus décevant…). Tu as loupé le Club avec Beataucue, Designers Drugs ou encore Fukkk Offf mais c’est là tout le soucis des festivals, le choix ; et choisir c’est renoncer, et renoncer à ça c’est courageux, alors soit fier de toi.

Passage à sameid, au programme bonne dose de rythmes pop rock à chantonner en mode yoghurt avec The Shoes et The hundred in the hands, tu passes alègrement ton tour pour Ben l’Oncle Soul mais le combo The Streets / Sebastian est prometteur en espérant que les compères Mehdi et Pedro sauront opérer la transition hip hop – electro dans l’interstice. Vu le passé hip hop de Mehdi et l’aspiration non moins enjouée de Busy P pour le genre, on peut noter un bel effort de programmation. A moins que la Ed Banger suprématie n’ait raison de toi et que tu préfères te la jouer Success et Japanese popstars (si tu comptes mater de la jeune asiat, raté, c’est Miyavi qu’il faut aller voir), à toi de voir ; reste l’option Toxiv av’, toujours envisageable.

Coup d’oeil sur le dimanche tant qu’on y est, ça mange pas de pain.

Tu mets les Ogres de barback dans le même panier que Ben l’Oncle Soul de la veille en espérant qu’ils vont se livrer à un combat à mort à deux vaincus. Si tu te sens mou du genou ou que t’as pécho la veille, tu peux commencer avec Aaron ou la jouer beau gosse soul music avec Eli Paperboy Reed. Tu enchaineras sur Shaka Ponk pour lui rappeler que t’es pas non plus là pour enfiler des perles en diagonales, au préalable un échauffement avec Stupeflip est vivement conseillé sous peine de séquelles. Jusqu’à minuit, la carte blanche à Crazy B promet une expérience forcément unique. Remarque, si tu veux de l’expérience, tu ne peux pas louper Sexy sushi qui te laissera surement sur le cul mais entre deux chaises. Après ça, c’est le sprint final en débutant par une session de booty calling avec Breakbot ou une ambiance Benelux I love techno et la drogue avec Dr Lektroluv. Passé ce choix cornélien, plus aucun problème : Magnetic Man (pardon Congorock mais là, quand même, hin, rooo), M.A.N.D.Y et Crookers pour le final turbine, pétards et cotillons !

Après ça c’est un cachet et au pieu. Enfin, en théorie, mais avec le van MTV qui assure l’after à partir de 6h dans le camping, ça m’étonnerait qu’à moitié qu’on te retrouve en train de chiller comme un camé en descente devant le son. Allez c’est fini maintenant Monsieur, il faut rentrer.

Bref.

Tout ça pour dire qu’on sera au Garorock 2011 et que vous devriez en faire de même, on vous racontera de toute façon.

Ca se passe du 8 au 10 avril, à l’orée d’un printemps salvateur, à Marmande (47 – Lot-et-Garonne, ). Vous pourrez profiter d’un camping et ça vous coutera 82 écus (camping compris) ce qui est relativement attractif vous en conviendrez.

Si vous voulez faire votre anticonformiste ou votre breton de souche tendance hyper chauvine (pléonasme), sachez que le Panoramas quatorzième du nom se joue le même week end à Morlaix avec une affiche pas bien triste : Jeff Mills, Vitalic, Crookers, Etienne de Crecy, The Subs, Busy P & Mehdi, Sebastian, Rafale, Breakbot, M.A.N.D.Y, etc., programmation complète ici. Beaucoup de similitudes avec son confrère du sud, et pour cause, ces deux là sont des amis de longues dates.

Garo ou Pano, choisis ton camp camarade mais les festivités 2011 sont lancées ! Alors, on s’croise où ?

Site officiel

Ci-joint une petite select pour vous mettre d’ores et déjà dans le bain !


Shaka Ponk – How we kill stars par totoutard

Partager

Share |

Voir aussi

Les réactions (2)

  1. par GG
    le 10 avril 2011
    à 12 h 38 min

    Yepp à l’equipe du site , vendredi soir au garorock j’ai pu croiser deux personnes qui m’ont présenté electroblog et d’ailleurs nous a fait une photo , j’aimerais savoir ou la recuperer car je ne vois pas de section  » photos » . merci à vouuuuus , et bonne fin du garorock ! la funk a tous  

    citer ce commentaire
    Répondre
  2. par Leks
    le 13 avril 2011
    à 9 h 48 min

    @GG: Hello ! On va faire un article de report sur le site, on uploadera les photos sur FB ou Flickr donc tu pourras la récupérer sans problème rapidement ;-)  

    citer ce commentaire
    Répondre

Réagir