"Owi des blogs, encore, ENCORE"

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par Leks
le 15 octobre 2010

SFR Live(report)

Voilà voilà c’est passé. LA messe électro du mois d’octobre pour la deuxième année consécutive, notre teaser I Love Techno Cocorico, s’est déroulée ce samedi dernier au Grand Palais. Sur le papier tout y est, gros lieu bien mythique, gros moyens, grosse affiche bien léchée, grosse affluence en prévision. Mais comme pour une bonne mayonnaise, on a beau avoir tous les bons ingrédients entre les mains, il y a toujours le risque que tout foire, à la seule différence qu’on ne peut pas se reposer sur mamie pour le faire à notre place cette fois-ci.

Bref.

Nous avons donc eu la chance d’être invités (et pas vous) par SFR (d’où l’article teaser, et oui) à cette soirée et c’est donc affublés de notre sticker « Journaliste » (un « lol » s’impose) que nous avons commencé à déambuler dans l’imposante bâtisse réaménagée pour l’événement en un vaste terrain de jeu pour jeunes gens cools et branchés (comme nous). Niveau aménagement de l’espace, ça tient la route. La scène se situe en face de l’entrée, laissant les deux grandes ailes libres, une immense régie se trouve en plein centre de la salle (quasi aussi grande que la scène, l’a pas compris ce point là), l’aile gauche n’est pas très intéressante hormis le vestiaire, un bar et un vendeur de hot dogs, l’aile droite beaucoup plus funky avec ses transats, son immense pelouse (de la vraie ! Joie. Bonheur.) et ses 2 bars sur toute la longueur. Niveau déco, si on oublie l’omniprésence des logos SFR, quand on lève la tête c’est cool, quand on la baisse c’est plutôt banal. La verrière du Grand Palais est magnifiée par des jeux de lumières et de grandes bouboules blanches. De toute façon, pas besoin de trop en faire, l’erreur aurait été de dénaturer la salle qui jouit d’une architecture assez unique.

Arrivés vers 20h, il n’y a environ personne.

La première session de Siskid vs Karmil et le live de Anything Maria (gagnante du tremplin) passent du coup globalement inaperçus.

Siskid, nous en avons déjà parlé, est signé sur le label Meant Records (Remain), il a aussi collaboré à Black Strobe, et Karmil est « un multi-instrumentiste de talent » que je découvrais ce soir là.
Quant à Anything Maria, elle a tout simplement remporté le concours SFR Jeunes Talents Nuits Electro, cette jeune française produit une musique légère empreinte d’influences pop, électronique et soul. Peut être un peu trop légère d’ailleurs pour la soirée !

A l’heure où le Grand Palais est encore vide, l’écho du son sur le plafond est très perceptible et même dérangeant. A prévoir, mais on compte sur la masse de gens pour combler ça.

Fin du live d’Anything Maria, Siskid vs Karmil reprennent du service pour leur deuxième session de la soirée. Ils passent des disques vraiment cool d’ailleurs.

Vers 21h la première « tête d’affiche » débarque sur scène, Ebony Bones. C’est assez binaire avec cette fille, on aime ou on aime pas. C’est hyper énergique sur scène, les danseurs sont assez malades, la protagoniste n’est pas loin derrière non plus, on ne pourra pas leur reprocher de la jouer mous du genoux mais j’accroche définitivement pas. Passe.

Siskid et Karmil renquillent pour une 3ème et dernière session histoire de motiver les troupes bien faiblardes ce soir là, il faut bien l’avouer.

23h. De façon fort prévisible, le Grand Palais s’est rempli en peu de temps pour Yuksek.

Le public est ce soir là particulièrement hétéroclite, signe de la démocratisation et la commercialisation de notre musique bien aimée, NON vile industrie ne prends pas son ton aile nos beats endiablées, aaaaaaah…. Trop tard. Bref. De 7 à 77 ans (et oui, il y avait même Lucienne du Petit Journal qui a dansé avec Tania Bonasse Rosso, youpiyoupiya), des parents avec leur gosse ou devrais je dire des cons de parents avec leur gosses parce que ne pas protéger les oreilles d’un gamin devant un sound system comme celui là, c’est pas fut fut. De jeunes pré-pubères tout droit sortis du taxi payé par maman se ruent vers la barrière au devant de la scène visiblement nostalgique de la robe qu’elles portaient au collège vu le peu de chair cachée. Des kids. Des hipsters. Des gens lookés. Des vieux en plein revival techno music. Et puis des gens normaux aussi.

Ouverture du set de Yuksek avec le très bon I could never be a dancer, sorte d’ovni électro ambient bien appréciable. Un set qui n’a néanmoins pas énormément évolué depuis le début de sa tournée. Je le trouve même moins énergique voire même soporifique par moment. Pas mauvais mais un peu mou sur le début. Jusqu’aux tubes. Tonight, Extraball, This is not today… toujours diablement efficaces sur le dancefloor. Interlude avec la gagnante du tremplin, bif bof. Il en profite pour nous dire qu’on est tous des sales cons d’être arrivés aussi tard et d’avoir loupé le début, ça se tient un peu.

Vient ensuite The Juan Maclean, producteur américain signé sur DFA, pour un DJ Set à l’ancienne, 100% vinyles, classe le bonhomme.
Classe et propre, son set n’a rien à envier à la prestation de Yuksek, les tracks sont bien choisis, bien enchainés, le tout est très bon, très techno, très en phase avec ce qu’on attend de la soirée, j’en suis tout ravi(oli).

Le moment *tant* attendu de la soirée se profile avec l’arrivée de Laurent Garnier accompagné de son groupe (ScanX aux machines, Benjamin Rippert au clavier, Philippe Nadaud au sax’ – The man with the red face -, Xavier Dessandre aux percus et Philippe Anicaut aux trombone/trompette) pour la dernière date de sa tournée de Tales of Kleptomaniac qui aura duré 18 mois.

Laurent Garnier live c’est très spécial. Ca n’est pas forcément ce à quoi on s’attend. Il parle énormément (trop ?) et communique une ferveur incroyable sur scène, il vit vraiment sa musique et c’est foutrement communicatif. Les morceaux durent tous environ 10 minutes ce qui est un peu dommage quand on est programmé pour 1h20 de concert puisque la tracklist s’en voit réduite à 7 morceaux ce soir là (son mythique live de Pleyel avait durée 2h30). En contrepartie, les musiciens ont tous une grande liberté d’expression dans chaque morceau, les montées sont terribles, chaque piste est un voyage en lui même.

Comme à chaque live (sauf l’atypique Pleyel), le set débute avec Back to my roots qui plante le décor dés le début : envolées jazzy, puissantes montées jusqu’à l’explosion techno qu’il se doit. Un schéma que l’on retrouvera dans quasi tous les morceaux qui impliquent les différents musiciens. Il enchaîne avec ScanX sur It’s just music, pure pièce techno de son projet Alaska. Vient ensuite le plat de résistance du live : Gnanmankoudji. Ce morceau qui avait fait se lever toute la salle Pleyel se voit découpé en deux parties, une première très instrumentale sur fond de beats africains puis une seconde beaucoup plus techno parsemée d’un gimmick de cuivres qui fait se lever tous les bras du Grand Palais à chaque refrain, son morceau préféré en live on dirait bien… Le concert continue sur un morceau dubstep, Freeverse, puis un autre drum’n'bass, Bourre Pif qui porte fort bien son nom. Ces revirements de styles confirment une fois de plus le talent d’un maître capable de produire dans tous les styles.
« Il est temps de jouer un petit classique » nous dit il. Hum. Ça sent bien le Crispy bacon ça. Gagné. Le mythe commence à raisonner dans la salle, tout devient fou, l’orgasme auditif n’est pas bien loin. Petit bémol, ce morceau est tellement continuellement puissant qu’on ne ressent pas assez quand les basses tapent vraiment, dommage le réglage…

A peine remis de nos émotions, il nous annonce que vient le dernier morceau de la tournée, il ne peut n’y en avoir qu’un, le plus connu sans doute, The man with the red face ! Philippe Anicaux s’enflamme avec son saxophone, tous les musiciens ont droit à leur petite impro sur la fin, la techno de Garnier envoute une dernière fois le public pour finir par des remerciements non cachés à l’ensemble du public et de son groupe. Subjectivement la meilleure prestation de la soirée !

Je t’aime. Respect. Full Love.

Le temps d’apprécier l’herbe un peu moins fraiche du Grand Palais autour d’une pinte de Kronenbourg un peu trop chère et Simian Mobile Disco/2 prend les platines (pourquoi était il tout seul ? dunno) pour un set techno efficace mais somme toute assez anodin.

Fin de la nuit avec deux maitres de la finesse allemande, Superpitcher et Michael Mayer formant le duo Supermayer (les choses les plus simples blablabla). Malgré quelques problèmes de son sur le début, le duo fidèle à sa réputation va enchaîner les bons disques de fin de soirée oscillant avec habilité entre doux remixes et jolies tracks techno pour accompagner la descente des drogués du son que nous sommes… Y’a pas à dire mais Supermayer allongé dans l’herbe en laissant l’esprit vagabonder sur la verrière du Grand Palais, on valide.

Les videurs commencent à réveiller les bourrées, couples endormis et couples beaucoup moins endormis mais tout aussi enlacés, il est temps de rentrer chez soi.

Une soirée globalement cool, il n’y avait pas la méga méga super ambiance escomptée, le son a souffert du lieu et de quelques mauvais réglages mais il faut bien admettre que la soirée a été plutôt réussie malgré l’étiquette « commerciale » qu’on a pu lui coller tout au long de sa promo… Encore quelques points à bosser et on pourrait avoir un Sfr Live 2011 de très très bonne facture…

En bonus track les sets de Laurent Garnier et Juan Maclean (ça sort du live SFR en ligne avec notamment une itw de Pedro Winter sur Laurent Garnier) : Laurent Garnier @ Grand Palais – 09/10/2010 & Juan Maclean @ Grand Palais – 09/10/2010.
(Source http://tracklistings.forum.st/events-festivals-f29/nuit-electro-grand-palais-20101009-paris-france-t14690.htm)

Les réactions (9)

  1. par Ar@sh
    le 18 octobre 2010
    à 8 h 05 min

    -_-  

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  2. par Leks
    le 18 octobre 2010
    à 9 h 04 min

    @Ar@sh: Oui ?  

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  3. par Ar@sh
    le 19 octobre 2010
    à 8 h 35 min

    Bah je vais rien dire, car la critique est aisée (surtout sur cette soirée) et en plus je n’y étais pas ! C’est juste que j’ai l’impression d’une vague déception perceptible entre ces lignes. Ai-je tort ?  

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  4. par Leks
    le 19 octobre 2010
    à 9 h 10 min

    @Ar@sh: Non pas vraiment, les artistes ont été bon, l’ambiance était bonne enfant, globalement l’évènement a été réussi. Après, j’ai la critique assez facile donc je trouverais toujours à redire !  

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  5. par Ar@sh
    le 20 octobre 2010
    à 8 h 20 min

    @Leks: ok ok. Alors je retire ma mauvaise foi ! ^^
    Bonne journée !  

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  6. par Marcobis
    le 4 novembre 2010
    à 22 h 38 min

    merci mille fois pour la set de Laurent Garnier, pour ma part j’ai eu la chance d’être à St Nolff 2010, où je l’ai découvert… d’autant plus qu’il a eu beaucoup plus de temps que prévu puisqu’Etienne de Crecy qui le précédait sur scène a été annulé pour raison technique au dernier moment. Bref, Garnier en festoche, c’était tout simplement un des meilleurs concerts de ma vie.

    « Peace, and house music »  

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  7. par Leks
    le 8 novembre 2010
    à 21 h 05 min

    @Marcobis: De rien pour le set Marcobis, dommage pour la qualité, désolé on a trouvé que ça ;) Garnier en live format festoch’ c’est toujours un moment unique, alors en plus si on lui file du rab’, il prend ! Chanceux va !  

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  8. par Sounds of Creation
    le 13 novembre 2010
    à 0 h 40 min

    Je n’ai jamais réussi à aller à un Set de Laurent, ça parait si fou à en croire tout les témoignages…le lien de téléchargement de son set ne marche plus, il est possible de l’uploader à nouveau ?

    Merci d’avance !  

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  9. par Leks
    le 15 novembre 2010
    à 9 h 57 min

    @Sounds of Creation: Et oui un set ou un live de Laurent Garnier c’est toujours assez particulier… A voir au moins une fois ! Ne loupe pas ces prochaines dates alors, c’est le format « Live booth session » avec des sets de plusieurs heures entre live et dj… immanquable !
    J’ai modifié les liens des sets, ça devrait être good now.  

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